Monsieur le Président,
Madame la ministre,
Madame et messieurs les rapporteurs,
Chers collègues,

A quoi pense-t-on lorsqu’on commence l’examen d’une proposition de loi visant à démocratiser le sport ?
Certains pensent à des intérêts, à des combats anciens ou nouveaux, à des chiffres ou à des budgets.
Moi, je pense d’abord à “cet enfant” qui, pour la première fois, pousse la porte d’une salle de sports, à l’ombre des cheminées de l’usine.

A cet enfant qui rencontre Roger BERTOZZI, et qui comprend qu’on peut donner du temps, du cœur et une grande partie de sa vie pour que des enfants, des adolescents, s’épanouissent et se construisent dans le #sport.

A cet enfant qui sue et progresse sous les conseils de Christophe AMBROSINI, et qui comprend à la fois toute la discipline, mais aussi la plénitude que procure la pratique sportive.

A cet enfant qui côtoie Frédéric ORTH, et qui comprend qu’énormément de choses se nouent, dans une commune, autour des clubs et des disciplines sportives.

Cet enfant grandit.
Le sport n’est pas son métier, mais sa passion.
Une bonne partie de son engagement politique, aussi.
Il en rencontrera d’autres, des héros du sport au quotidien.

Des Marie-Hélène, qui convainquent des milliers de femmes de courir contre le cancer du sein.
Des Jean-Marie, qui se vouent corps et âme à la pratique du sport par des personnes handicapées.
Des compagnons de marathon, des sables ou d’autres, qui comprennent que seule l’humilité entraîne vers l’arrivée.

Ceux-là sont la nation sportive…

Une nation qui doit encore faire beaucoup plus pour le sport et le développement des pratiques :

  • telle est la voie initiée par la Président de la République  dès 2017
  • tel est le travail mené depuis plus de 3 ans, avec la création de l’Agence Nationale du Sport, celle des maisons sport-santé, des plans « aisance aquatique » et « savoir rouler à vélo »
  • tel est également le sens des initiatives et travaux menés avec le Parlement du Sport, les différents rapports d’information rendus sur tous les bancs, ou encore les deux groupes d’études dédiés.

Pour reprendre une citation célèbre de Louis Pasteur : « permettez-moi de vous révéler le secret qui nous a conduit à atteindre notre but. Notre force repose entièrement sur notre ténacité ».

Ténacité, pour faire évoluer notre système sportif français. Il est passé d’un modèle relativement simple dans les années 60/70 à un système complexe en raison de la massification de la pratique sportive, notamment féminine, et de l’émergence de nouvelles pratiques.  D’ailleurs, ce phénomène s’est intensifié et il y a nécessité de réformer le modèle sportif français.

Ténacité, pour tirer les enseignements de l’urgence. Car La crise sanitaire a profondément atteint le monde du sport et le milieu associatif en particulier.

Ténacité, parce que… nous y voilà, mes chers collègues ! Après un passage en commission qui a enrichi et consolidé le dispositif initial, le texte est aujourd’hui devant la représentation nationale. C’est un honneur pour le parlement, une preuve de la vitalité de notre démocratie représentative. Il témoigne d’une majorité au travail, engagée sur un sujet important pour des millions de Français.

Un sujet d’autant plus important que les chiffres de la sédentarité et de ses conséquences sur la santé physique et mentale sont toujours plus inquiétants. Le constat est partagé, l’action systémique et cordonnée s’impose.

L’activité physique et sportive en France doit cesser d’être vue comme une politique publique ou un loisir, parmi d’autres. Elle doit irriguer le quotidien de chacun d’entre nous, devenir une habitude, intégrer notre art de vivre à la Française !

L’esprit et les valeurs de l’olympisme, qui seront à l’honneur dans 3 ans en France, doivent entrer dans chaque foyer. La concrétisation de cette ambition, que je sais partagée ici, passe par une modernisation profonde de notre rapport au sport.

Moderniser,

  • d’abord en favorisant le développement de la pratique pour le plus grand nombre et à ce titre l’utilisation facilité des installations sportives des écoles, collèges et lycées en dehors du temps scolaire est une avancée significative. Le travail en commission a permis de renforcer le sport-santé dans sa dimension de prévention primaire avec le renforcement de l’accompagnement vers le sport des personnes pris en charge par les ESMS. Le débat qui s’ouvre aujourd’hui nous permettra de compléter le dispositif, et d’aborder la question de la prescription du sport sur ordonnance.

Moderniser :

  • ensuite en transposant notamment aux instances dirigeantes des fédérations, les règles qui régissent déjà notre vie démocratique. Nous ouvrons la voix à une gouvernance du sport féminisée, renouvelée équitable et éthique. Nous en sommes fiers ! Les débats en commission nous on permis de consolider l’honorabilité des arbitre set des juges.

Moderniser :

  • enfin pour protéger le modèle économique sportif face aux nouvelles menaces apparues avec l’ère numérique, comme le streaming illégal et la manipulation des paris en ligne. Ces usages sont à l’origine d’un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d’euros pour le sport professionnel comme amateur. Nous nous donnons les moyens d’y remédier.

Ces dispositions sont indispensables pour enclencher une révolution culturelle et faire du sport un réel facteur d’émancipation pour tous.

Nous y sommes tous attachés, sur tous les bancs, et je ne doute pas, encore une fois, que nous saurons faire un usage exemplaire du débat et du travail parlementaires.

Je vous remercie.