Ce matin, j’ai tenu à être présent à l’invitation du ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, à l’annonce officielle de l’engagement de poursuites judiciaires par l’État contre le fonds d’investissement Greybull, ancien propriétaire de l’aciériste Novasco, ainsi que celle des salariés représentés par Yann AMADORO et de son avocat Christophe Clerc.

Cette action est inédite et sans précédent : pour la première fois, l’État engage une procédure judiciaire contre un fonds d’investissement pour préjudice financier, aux côtés des salariés qui, eux, se constituent parties pour préjudices moral et financier.
Au total, 476 anciens salariés sur les 531 licenciés économiquement sont inscrits dans cette démarche judiciaire.

J’ai souhaité être présent ce matin pour soutenir les salariés, comme je ne cesse de le faire depuis le début de cette crise.
Le fonds Greybull s’est comporté comme un repreneur voyou, n’assumant pas ses responsabilités industrielles, laissant à l’État la gestion des risques et les conséquences financières et sociales de ses décisions. Cette procédure pourrait marquer un tournant majeur dans la défense de notre souveraineté industrielle et dans l’exigence de responsabilité des fonds d’investissement.

Je veux saluer la décision de l’État d’engager cette procédure afin d’obtenir les dédommagements des préjudices moraux et financiers qu’ont subis les salariés et le territoire, et de permettre également la possibilité d’un nouveau projet industriel et de ne pas en faire une nouvelle friche industrielle. Cela passe par la sécurisation du site actuel d’Hagondange, la préservation de l’outil industriel et du foncier grâce notamment au concours des collectivités locales. C’est ce à quoi nous travaillons collectivement État, parlementaires, élus locaux et acteurs économiques du territoire.

Par ailleurs, il a été confirmé par les représentants des ex salariés du groupe qu’ils ne s’associent pas à la plainte déposée par le maire de Talange contre l’État dans ce dossier.

Au-delà de ces procédures judiciaires il me parait important en tant que parlementaire d’outiller l’État de moyens juridiques afin que ce type de comportements voyou ne se reproduisent. C’est pourquoi je crois nécessaire de doter l’État d’outils puissants lui permettant de jouer pleinement son rôle d’État stratège en renforçant le poids des contreparties aux aides qu’il octroie et en lui permettant d’intervenir directement dans la vie économique lorsque la gestion de certaines entreprises stratégiques porte atteinte aux intérêts de la Nation, à travers par exemple le nantissement des actions des industries à reprendre.

Je continuerai en tout cas à être pleinement mobilisé sur ce dossier.